Badr ad-Dîn ibn at-Tayyib Kassouba

Badr ad-Dîn ibn at-Tayyib Kassouba
(malékite – Maroc)

Il est né en 1391 H (1971) dans la ville de Salé, au Maroc, et a grandi au sein d’une famille sunnite de rite malékite.

Badr ad-Dîn poursuivit ses études universitaires jusqu’à l’obtention d’une licence en mathématiques ainsi que d’un baccalauréat en statistique.

Sur le plan religieux, après avoir atteint la maturité intellectuelle, de nouveaux horizons rationnels s’ouvrirent à lui, l’amenant à rechercher les différentes visions et doctrines afin de parvenir à une croyance libre, fondée uniquement sur la preuve et l’argumentation. Au cours de ses recherches, il s’efforça de s’éloigner de toute dimension non scientifique susceptible d’altérer sa clarté de jugement ou de nuire à une investigation objective et impartiale.

 

Élargir les horizons du savoir

Badr ad-Dîn s’attacha également à élargir sa connaissance des différents rites, afin de ne pas s’enfermer dans un cadre cognitif étroit qui l’obligerait à appréhender la vérité sous un angle unique et l’empêcherait d’accéder à une vision globale.

À cette fin, il entreprit la lecture d’ouvrages appartenant à diverses écoles, et poursuivit ses recherches via Internet, afin de se familiariser avec les différentes écoles de pensée, doctrines religieuses et courants existants.

 

Résultats de la comparaison entre les rites

Parmi les conclusions auxquelles parvint Badr ad-Dîn au terme de ses recherches dans le champ islamique — dans le but d’identifier le rite représentant la continuité authentique du message apporté par le Noble Messager (que Dieu le bénisse, lui et sa Famille) — figure le constat que nombre de ses paroles (que Dieu le bénisse, lui et sa Famille) insistent sur le suivi des Gens de la Maison (Ahl al-Bayt), la nécessité de s’y attacher et de se conformer à leur guidance. Cela l’incita à approfondir davantage sa connaissance des Ahl al-Bayt (que la paix soit sur eux).

Il adressa ensuite plusieurs questions au Centre de recherches doctrinales, par l’intermédiaire de son site Internet, sollicitant son orientation vers les sources lui permettant d’accéder à une vision islamique correcte. Le Centre lui fournit alors des informations importantes dans ce domaine.

C’est ainsi qu’il se familiarisa avec les Imams des Ahl al-Bayt (que la paix soit sur eux), lut de nombreux hadiths rapportés d’eux, et fut attiré par leurs lumières éclatantes. Son cœur s’attacha à eux au point qu’il ne put plus s’en détourner. Il persévéra dans cet attachement et annonça publiquement sa conversion éclairée ainsi que son engagement envers le chiisme duodécimain. Il réside actuellement à Montréal, au Canada.

 

Œuvres

1) Al-Waṣiyya — Recherche sur l’analyse des formulations du hadith des Deux Poids (al-Thaqalayn)

L’ouvrage a été publié par le Centre de recherches doctrinales en 1430 H, dans la collection Le Voyage vers les Deux Poids, n° 27.

L’auteur y expose sa conception du sens de la « waṣiyya » (recommandation testamentaire) et la raison de la rédaction de cet ouvrage, en déclarant :

« Par “waṣiyya” dans cette recherche, j’entends ce qui a été rapporté du Prophète (que Dieu le bénisse, lui et sa Famille), tel que sa parole :
“Je laisse parmi vous ce à quoi, si vous vous y attachez, vous ne vous égarerez jamais après moi…”
C’est-à-dire le hadith par lequel il oriente sa communauté vers ce qui la prémunit contre l’égarement si elle s’y conforme. Il s’agit du hadith des Deux Poids, qui est associé, dans certaines chaînes de transmission, à sa parole :
“Celui dont je suis le maître, ‘Ali est son maître.” »

Ce hadith compte parmi les textes les plus importants autour desquels subsiste encore un désaccord entre chiites et sunnites. L’objectif de cette recherche n’est pas d’entrer dans la controverse entre les deux parties, mais d’examiner ce que le Prophète (que Dieu le bénisse, lui et sa Famille) a recommandé à sa communauté en affirmant qu’elle ne s’égarerait pas après lui si elle s’y attachait. L’« égarement » signifie ici la division de la communauté et son éloignement du droit chemin de Dieu qu’Il a agréé pour elle — ou, autrement dit, sa sortie du cadre de la parole divine :
« Attachez-vous tous au Cordeau de Dieu et ne vous divisez pas » (1).

On peut également comprendre cela à la lumière de l’annonce prophétique selon laquelle les liens de l’islam se déferont un à un : chaque fois qu’un lien se rompt, les gens s’agrippent à celui qui suit ; le premier à se rompre est le pouvoir, le dernier est la prière. Lorsque le lien du pouvoir fut rompu, l’unité prescrite par Dieu et par Son Messager (que Dieu le bénisse, lui et sa Famille) se désagrégea, menant à la situation actuelle : des troubles où l’homme sage devient perplexe, et où l’islam est devenu parmi nous un étranger.

L’ouvrage comprend une introduction et douze chapitres, parmi lesquels :

  • Présentation des récits
  • Distinction entre les récits du pèlerinage et ceux de Ghadîr
  • Arbre des chaînes de transmission
  • Récits de la recommandation lors du pèlerinage
  • Le Livre de Dieu et ma Sunna
  • Le Livre de Dieu et ma Famille, les Gens de ma Maison
  • Analyse des récits rapportés par chaque Compagnon
  • Analyse des formulations du hadith des Deux Poids
  • Récits : « Celui dont je suis le maître, ‘Ali est son maître »
  • Les formulations les plus authentiques du hadith des Deux Poids

2) Clarification du propos concernant la question de la position des mains dans la prière

Publié par l’instance scientifique de la hawza du Messager suprême (que Dieu le bénisse, lui et sa Famille) au Koweït, dans la collection Priez comme vous m’avez vu prier. L’ouvrage traite de l’examen des divergences juridiques relatives à la prière.

3) La lumière éclatante sur les mérites spécifiques de l’Imam ‘Ali (que la paix soit sur lui)

4) Félicitations et bonnes nouvelles dans la connaissance des douze califes

 

À propos de son livre Al-Waṣiyya

Outre la mention des chaînes de transmission authentiques et acceptables concernant les hadiths de la recommandation du Livre et de la Famille (que la paix soit sur eux), l’auteur examine le hadith auquel les sunnites s’attachent le plus souvent :
« Le Livre de Dieu et ma Sunna ».

Dans le cinquième chapitre, il écrit :

« La formulation la plus répandue parmi la majorité des musulmans concernant la recommandation du Prophète (que Dieu le bénisse, lui et sa Famille) est :
“Je laisse parmi vous ce à quoi, si vous vous y attachez, vous ne vous égarerez jamais après moi : le Livre de Dieu et ma Sunna.”
Al-Qurtubî commente ce hadith en disant : “Il est conservé, connu et célèbre auprès des savants, à tel point que sa notoriété dispense presque de la chaîne de transmission.” »

Pourtant, l’examen rigoureux révèle qu’aucune chaîne fiable ne soutient cette formulation. Elle a été diffusée par des transmetteurs accusés, par les spécialistes de la critique du hadith, de mensonge et de zandaqa (hérésie).

L’auteur expose ensuite les jugements des spécialistes du jarḥ wa-ta‘dîl concernant plusieurs de ces narrateurs — parmi lesquels Sayf ibn ‘Umar, Ṣâliḥ ibn Mûsâ, Kathîr ibn ‘Abd Allâh, et Ismâ‘îl ibn Abî Uways — montrant qu’ils sont abandonnés, faibles, voire accusés de fabrication de hadiths.

Il conclut que ces transmetteurs ne sont pas dignes de confiance, même dans les domaines où certains savants tolèrent la transmission de récits faibles, a fortiori lorsqu’il s’agit de la recommandation du Prophète (que Dieu le bénisse, lui et sa Famille) concernant ce qui prémunit la communauté contre l’égarement après lui.

L’auteur précise qu’il s’est limité aux récits à chaîne continue, écartant les récits interrompus ou rapportés sans chaîne, notamment ceux cités par al-Tabarî dans son Histoire et celui rapporté de manière suspendue dans le Muwaṭṭa’ de Mâlik.

Selon lui, la principale raison de la diffusion de cette formulation — malgré l’absence de transmetteurs fiables — réside dans la neutralité apparente de son contenu, puisque les musulmans s’accordent unanimement sur l’obligation de suivre le Livre de Dieu et la Sunna de Son Prophète (que Dieu le bénisse, lui et sa Famille). Cela a facilité son acceptation par le grand public, les prédicateurs, les écrivains et même certains savants, sans examen critique, car son contenu ne suscite pas, à première vue, de soupçon ou de remise en question (7).

Références

  1. Âl ‘Imrân : 103.
  2. At-Tamhîd, 24:331.
  3. Voir : Al-Kâmil d’Ibn ‘Adî, Tahdhîb al-Kamâl, Al-Kâshif, Mîzân al-I‘tidâl, etc.
  4. Voir : Al-‘Ilal d’Ahmad ibn Hanbal, At-Târîkh aṣ-Ṣaghîr d’al-Bukhârî, etc.
  5. Voir : Al-‘Ilal d’Ahmad ibn Hanbal, Al-Majrûḥîn d’Ibn Ḥibbân, etc.
  6. Fatḥ al-Malik al-‘Alî, p. 36.
  7. Extraits de Al-Waṣiyya, pp. 117–121 (légèrement adaptés).