‘Abd Allâh ad-Dahdouh

‘Abd Allâh ad-Dahdouh
Le cheikh martyr ‘Abd Allâh ad-Dahdouh (sunnite – Maroc)

Il est né en 1385 H (1966) dans la ville de Tanger, l’un des plus grands centres industriels et commerciaux du Maroc. Il a grandi au sein d’une famille de rite sunnite.

‘Abd Allâh poursuivit ses études universitaires après s’être rendu dans la capitale belge, Bruxelles, où il obtint une licence en sciences naturelles dans l’une des universités de Belgique.

Sur le plan doctrinal, et dès l’éveil de sa conscience intellectuelle, ‘Abd Allâh considérait comme nécessaire de rechercher la vérité religieuse en dehors de tout fanatisme sectaire ou nationaliste, à travers une étude globale de l’histoire et des doctrines islamiques, seule à même de conduire vers le rivage de la sécurité spirituelle promise par Dieu aux justes.

Parmi les conclusions auxquelles il parvint au cours de ses recherches figurait le constat que certains fondements sur lesquels repose le sunnisme ne concordent pas avec l’histoire islamique telle que la rapportent les sources historiques. À titre d’exemple, cette pensée considère la théorie de la « justice de tous les Compagnons » comme l’un de ses piliers majeurs ; or, l’examen de l’histoire révèle de nombreux événements qui en invalident la validité. À ce sujet, ‘Abd Allâh déclare, dans le cadre de son discours sur l’unité musulmane :
« … cela ne nous empêche nullement d’établir que tel ou tel Compagnon a commis une erreur dans telle question. Nous ne limitons pas cela à Abû Bakr, ‘Umar ou ‘Uthmân : nombre de Compagnons du Prophète (que Dieu le bénisse, lui et sa Famille) ont commis des erreurs, et nous ne le dissimulons pas lorsque les circonstances l’exigent — bien entendu, dans le cadre d’une étude objective et approfondie. »

 

De la guidée personnelle à la guidance de la société

Après une période de recherches ardues, les preuves explicites en faveur de la nécessité de suivre le rite chiite ne laissèrent à ‘Abd Allâh d’autre choix que de revoir ses positions antérieures et d’adopter la voie des Gens de la Maison (Ahl al-Bayt, que la paix soit sur eux). Il annonça alors publiquement sa conversion éclairée et son ralliement aux chiites du Prophète et de sa Famille (que la paix soit sur eux).

Désireux d’enrichir son capital spirituel et de s’abreuver aux sources du savoir des Ahl al-Bayt (que la paix soit sur eux), il décida de rejoindre l’une des plus anciennes et prestigieuses hawzas (séminaires religieux). Il raconte à ce propos :
« Je suis devenu chiite à l’âge de 23 ans, et quatre ans plus tard je suis parti étudier dans la ville de Qom, en Iran, où j’ai découvert en profondeur la pensée chiite. »

Il retourna ensuite en Belgique, mais sa soif de connaissance religieuse le poussa à repartir une seconde fois vers la ville sainte de Qom, afin d’étancher pleinement cette soif. Il revint alors en Belgique avec un projet constructif visant à guider la société vers la voie des Ahl al-Bayt (que la paix soit sur eux). Pendant près de vingt ans, il y mena une activité soutenue de prédication et de formation intellectuelle. Plus de 200 étudiants furent formés sous sa direction, et il dirigea la prière des fidèles à la mosquée de l’Imam Ridâ (que la paix soit sur lui), la plus grande mosquée chiite de Bruxelles.

Par ailleurs, il contribua à la publication d’une revue jurisprudentielle et doctrinale en langue française intitulée « Rayon de la sagesse », et écrivit un ouvrage intitulé : « La liberté du point de vue de l’islam et de l’Occident ».

 

Le martyre sur la voie de Dieu

L’idée qu’un adepte de l’école chiite parvienne à rassembler des fidèles en Occident autour de l’amour et de l’allégeance à la Famille du Prophète (que Dieu le bénisse, lui et sa Famille) ne plut guère aux mercenaires de la pensée wahhabite. Ils cherchèrent alors à provoquer des troubles afin d’empêcher les gens d’être influencés par son discours. Dans leur ultime tentative, certains de leurs partisans menèrent une attaque violente contre la mosquée où il dirigeait la prière et y mirent le feu. ‘Abd Allâh y mourut asphyxié, rencontrant son Seigneur en martyr sur Sa voie, et ce en 1432 H (2012).

Après son martyre, sa dépouille bénie fut transférée au Maroc. Il fut accompagné par une foule nombreuse de fidèles chiites lors de ses funérailles dans sa ville natale de Tanger, où il fut inhumé.

Plusieurs cérémonies commémoratives furent également organisées à Bruxelles et dans d’autres villes où résident des adeptes des Ahl al-Bayt (que la paix soit sur eux).

Paix sur lui le jour où il naquit, le jour où il fut martyrisé, et le jour où il sera ressuscité vivant.