Adam Babayo Othman

Adam Babayo Othman
Adam Babayo Othman (Malékite – Nigeria)

Il a grandi au Nigeria dans un environnement sunnite qui ne lui laissait que suivre les enseignements religieux traditionnels transmis par ses éducateurs, comme le veut habituellement la société. Ainsi, Adam est devenu attaché au madhhab malékite, le plus répandu en Afrique de l’Ouest.

La divergence entre les écoles sunnites :

Adam a commencé à apprendre le Coran et le fiqh malékite dès son enfance. Peu à peu, certaines questions se sont posées dans son esprit, et il interrogeait son professeur sur les quatre écoles juridiques, car ce dernier possédait une connaissance encyclopédique des différentes écoles sunnites.

Adam raconte : « Chaque fois que mon professeur abordait une question où les quatre écoles différaient, et qu’il expliquait leurs avis, je lui demandais : pourquoi y a-t-il ces divergences alors que toute la religion appartient à Dieu ? »

Il savait que Malik n’avait pas été parmi les compagnons du Prophète mais faisait partie de la génération suivante (tabi‘în), et il demandait à son professeur : « Quelle était l’école de pensée du père de l’imam Malik avant la naissance de son fils ? » Son professeur ne parvenait pas à répondre à ses questions ni à le convaincre.

Il posait également ce type de questions à son père, qui le réprimandait et lui ordonnait d’éviter de s’aventurer dans de telles interrogations.

La position du musulman face aux divergences entre les compagnons :

Une des questions qui revenait souvent dans l’esprit d’Adam avant son changement d’affiliation doctrinale était celle des divergences entre les compagnons eux-mêmes. Les livres d’histoire mentionnaient ces désaccords, voire les guerres qu’ils avaient menées les uns contre les autres, ce qui montre qu’ils n’étaient pas tous dans le droit chemin, car il serait incohérent que la vérité se divise pour ensuite se combattre elle-même.

Adam explique une situation avant son éveil : « Quand j’étais au lycée, nous étudiions l’histoire de l’Islam. Un jour, nous sommes arrivés au sujet des batailles de Siffin et du Chameau. Le professeur expliqua ce qui s’était passé entre les compagnons. À la fin du cours, il posa la question : si nous avions été présents à cette époque, avec qui serions-nous ? Qui aurions-nous aidé ? L’armée de l’imam Ali ou celle d’Aïcha, Talha et Zubayr ? »

Adam répondit immédiatement : « Si j’avais été à cette époque, j’aurais été dans l’armée de l’imam Ali. » Cela provoqua un débat parmi les élèves : certains pensaient que la vérité était du côté d’Aïcha et ses compagnons, d’autres considéraient qu’elle était du côté de l’imam Ali, et d’autres encore évitaient de trancher.

Ainsi, Adam commença à ressentir que tous les compagnons n’étaient pas nécessairement sur le droit chemin, même si l’idée du chiisme ne s’était pas encore entièrement clarifiée dans son esprit.

Une rencontre avec le livre « Puis je fus guidé » :

Dieu guide qui Il veut et ouvre le cœur de celui qu’Il souhaite mener à la vérité. C’est ce qui arriva à Adam lorsqu’un ami lui apporta le livre « Puis je fus guidé ». À sa première lecture, il fut terrifié, craignant que le ciel ne s’effondre ou que la terre ne s’ouvre sous lui, tant il y voyait des éléments en contradiction avec ses croyances religieuses. Cela le poussa à relire le livre attentivement, en examinant les sources que l’auteur utilisait pour rapporter les événements historiques et ce qui s’était passé après le Prophète (que la paix soit sur lui et sa famille).

Adam raconte : « Après ma deuxième lecture, j’ai constaté que l’auteur avait cité des sources vérifiables, y compris des sources sunnites. À l’époque, j’évitais tout ce qui pouvait porter atteinte à la dignité des califes. J’ai donc examiné attentivement toutes les références utilisées par le Dr Tijani, et j’ai constaté que tout était exact et correctement transmis à partir des six recueils authentiques. J’étais comme un malade psychologiquement et moralement, restant à la maison à me demander : que dois-je faire ? Ma vision des compagnons, que je croyais tous piliers de la religion et fondements de la foi, avait radicalement changé. »

Après un certain temps, il pensa à supplier Dieu de le guider et récita la prière du Prophète Moïse (que la paix soit sur lui) : « Peut-être me guidera-t-Il sur le droit chemin. »

Suivre le chemin de l’Ahl al-Bayt (paix sur eux) :

Peu de temps après, sans sortir ni même se rendre à la mosquée où il était muezzin, Adam ressentit la tranquillité divine et commença sa recherche avec un cœur ouvert et prêt à accepter la vérité. Il constata que la vraie voie était celle de l’Ahl al-Bayt (paix sur eux), à laquelle tous les musulmans devraient se tenir. Il annonça alors son changement d’affiliation et son adhésion au chiisme duodécimain.

Pour approfondir ses connaissances religieuses, Adam entreprit ensuite de rejoindre une des hawzas (séminaires) réputées.