La biographie de Mohammad Hachem Salehi:

Mohammad Hashem Salehi, est né en 1945 en Afghanistan, dans la vallée Turkman (wolusvali de Sorkh Parsa, dans le velayat de Parwan).

Après des études élémentaires dans son village, ses études cléricales se poursuivent à Kaboul auprès des plus grands savants religieux afghans du 20e siècle, pères fondateurs du réveil chiite dans ce pays, tels les ayatollah Amine Afshar, Mir Ali Ahmad Hojjat, Mohammad Sarvar Vaez, duquel il garde son attachement à l’enseignement du Makaseb, ouvrage de référence pour ce qui concerne le droit des transactions commerciales, et dont l’exégèse a conforté son sens personnel des affaires, notamment dans le domaine foncier, si l’on en croit le témoignage de son propre fils.

Mohammad Hashem Salehi appartient donc à la  » nouvelle vague  » des uléma afghans qui ont développé les écoles religieuses depuis le départ des Soviétiques, et plus particulièrement depuis l’intervention américaine, en grande partie grâce aux remises de la diaspora. Il est aujourd’hui l’un des trois principaux dignitaires chiites afghans, aux côtés de l’ayatollah Asef Moheseni, le fondateur du grand complexe de Khatamol Nabien, à Kaboul, et de l’ayatollah Mohaghegh Kabouli, le seul marja du pays qui ait publié sa thèse (resâleh). Mohammad Hashem Salehi, quant à lui, a fondé l’école religieuse Madreseh Elmiyeh Resalat, à Kaboul, qui héberge le Hozeh Elmiyeh Kabol, conçu selon le modèle iranien du hozeh de Qom, et supervisant les autres établissements de la capitale en en planifiant les cours, en allouant des bourses, en organisant la vie estudiantine.

En effet, Mohammad Hashem Salehi a fait l’essentiel de ses études religieuses à Nadjaf, en Irak, où il s’installe avec sa famille, en 1964, et suit les cours de Rouhollah Khomeyni, de Seyed Agolghasem Khoi et de Mohammad Bagher Sadr. Il est rattaché à l’école Darol Hekma de l’ayatollah Hakim et aux mosquées Hindi et Torkha. Si la fréquentation de la mosquée Hindi est logique pour un Afghan, dans la mesure où l’ayatollah Khomeyni (d’origine irano-indienne, rappelons-le) en est un habitué, celle de la mosquée Torkha s’explique par la notoriété de l’ayatollah Khoi, un turcophone d’Iran, qui y prêchait. Mais Mohammad Hashem Salehi est surtout très proche de l’ayatollah Mohammad Bagher Sadr, dont il devient le répétiteur, selon l’usage du Howzeh, pour l’enseignement de son cours sur Lomatein, grand livre de référence pour le raisonnement juridique en Iran, écrit au 16e siècle, et largement utilisé comme source du droit civil et pénal, et Kefayeh, de Sheykh Morteza Ansari, un ouvrage traitant de la science des principes du fiqh. Mohammad Hashem Salehi a d’ailleurs été le représentant de l’aytollah Sadr pour différentes affaires en Irak, en Iran et en Afghanistan, ce qui lui vaut d’être arrêté par les services du Baas lors d’un pèlerinage à Karbala, en 1976, et d’être expulsé vers l’Iran avec sa famille, après un séjour dans différentes prisons du régime. Arrêté à nouveau, cette fois-ci par la Savak, il est finalement envoyé à Qom, où il dispense son enseignement dans la continuité de celui de l’ayatollah Sadr, après l’assassinat de ce dernier par la police de Saddam Hussein, en 1980. Son audience est composée d’étudiants iraniens, afghans, irakiens, libanais, indiens. Mohammad Hashem Salehi est également très actif dans la rédaction de l’encyclopédie Ahle Beyt, traitant de la famille du Prophète.