LES VERITES DE LA SUCCESSION DU PROPHETE (P)

 » [Rappelle] quand ton Seigneur dit aux Anges : « Je vais placer sur la terre un Khalife.  »  » Y placeras-tu quelqu’un qui y sèmera la corruption et y répandra le sang alors que nous, nous glorifions Ta louange et proclamons Ta sainteté ? « .[Le Seigneur] répondit « Je sais très bien ce que vous ne savez point. « Et [le Seigneur] apprit à Adam tous les noms, puis Il fit défiler devant les Anges [les êtres portant ces noms] et Il dit [aux Anges] : « Avisez-moi des noms de ces êtres-ci, si vous êtes véridiques ! « Gloire à Toi !  » Répondirent-ils « Nous n’avons nulle science exceptée ce que Tu nous as appris. Toi Tu es l’Omniscient, le Sage.  »

 » ô Adam ! « Dit [le Seigneur], « avise-les des noms [de ces êtres] ! « Et quand [Adam] eut avisé [les Anges] des noms [de ces êtres, le Seigneur] dit : « Ne vous avais-Je point dit que Je connais bien l’Inconnaissable des cieux et de la terre et que Je connais bien ce que vous extériorisez et ce que vous tenez secret ? » »(Baqara, 2 : 30)

 

K2.  » C’est Lui qui a fait de vous les Khalifes sur la terre.  » (Fâtir ou Malâïka, 35 : 39)

 

K3.  » Nous avons proposé de confier le Dépôt aux cieux, à la terre et aux montagnes. Ils ont refusé de s’en charger et s’en sont effrayés, alors que l’Homme s’en est chargé, il fut injuste et ignorant.  » (Ahzâb, 33 : 72).

 

Ainsi donc, à travers ces versets et bien d’autres[17] encore il nous est révélé que Dieu a honoré le groupe humain, représenté par Adam (P), en le chargeant de veiller sur l’ordre de l’Univers tout entier, de gérer les affaires de l’Homme et de guider l’Humanité sur la Voie du Khilafat divin.

 

Dés lors, le Khilafat en Islam est le pouvoir que Dieu a donné à la communauté humaine (Umma) de gouverner ou de diriger le monde et de le promouvoir dans les domaines sociaux, matériel et spirituel

 

Cette représentation ou Khilafat en tant que principe de gouvernement de la communauté islamique, est cependant différent de celui des régimes démocratiques occidentaux qui privilégient le consensus pour justifier une décision fut-elle préjudiciable à l’intérêt de la Communauté ou d’une de ses composantes; contrairement au gouvernement de la communauté islamique qui a son fondement dans la délégation divine donc davantage de sens des responsabilités et de justice d’où le refus de la tyrannie, de l’exploitation et de l’oppression.

 

Une petite parenthèse est d’ailleurs nécessaire à ce niveau car la plupart des écrivains musulmans pensent que lorsqu’on est  » affaiblis sur terre  » c’est-à-dire opprimés par des tyrans il n’y a pas d’autre alternative que d’user de tous les moyens, sous-entendu même la force physique, pour s’en sortir ou d’émigrer.

 

Citons d’abord les versets qu’ils interprètent à ce propos (Nissâ, 4 : 97 et 98):

 

 » Oui, ceux qui sont injustes envers eux-mêmes, les anges les achèvent en disant : où en étiez-vous ? – Nous étions affaiblis sur terre, disent-ils. – Alors les anges: la terre de Dieu n’était-elle pas assez vaste pour vous permettre d’émigrer ? – Voilà bien ceux dont le refuge est la Géhenne, et quelle détestable fin ! Sauf pour les impuissants, hommes, femmes, enfants, incapables d’aucun moyen, et qui ne trouvent aucune voie « .

 

Selon ces paroles divines, non seulement il existe des exceptions à la règle mais en plus s’il faut émigrer vers d’autres cieux encore faudrait-il que « ce que l’on y gagne vaille ce que l’on y perd » car il est difficile voire impossible de nos jours de trouver un modèle irréprochable de gouvernement islamique. De plus parmi les moyens dont on dispose figure en bonne place, plus efficace que la force physique et avec des effets plus durables et plus profonds, le combat intellectuel par les écrits, les conférences, les débats d’idées, la formation des jeunes, en un mot l’éducation des masses en matière islamique.

 

Ainsi pour fermer la parenthèse, deux vérités simples s’imposent à notre entendement : on est plus utile à sa cause vivant que martyr et … la nature trouve toujours son chemin.

 

Adam ayant été le premier représentant de ce Khilafat, les Anges se sont prosternés devant lui et toutes les forces de l’Univers visible et invisible lui ont été soumises.

 

Ce « Dépôt  » (Amàna) si gigantesque et si effrayant même pour les forces de la nature, fut confié à l’Homme malgré la liberté que lui a accordé son Créateur de faire le bien ou le mal à travers le libre-arbitre : « Nous l’avons dirigé sur le chemin droit, qu’il soit reconnaissant, ou qu’il soit ingrat.  » (Dahr ou Insân, 76 : 3) Et c’est certainement cette inconstance dans le comportement humain qui suscita la réticence des Anges à l’égard de ce Khilafat. Cependant Dieu, dans son Omniscience, apprit à Adam (P) tous les noms montrant ainsi aux Anges qu’Il soumettait l’Homme à une Loi autre que celle du déterminisme mécanique qui gère le mouvement de l’Univers – des atomes aux astres.

 

Cette Loi complémentaire à celle du Khilafat, qui se charge d’éduquer et de guider ce Khalife à la Lumière d’un Texte révélé, est celle du Témoignage (Chahada). Elle est concrétisée par un témoin divin qui porte aux hommes la « guidée  » de Dieu et les éloigne de l’égarement. Le Saint Coran en parle à travers les versets qui suivent et bien d’autres[18].

 

I-1-2 TEMOIGNAGE:

 

I-1-2-1 GENERALITES

 

T1.  » Nous dîmes : « Descendez d’ici, vous tous ! Si jamais, ensuite, une guidée de Moi vous vient, alors, quiconque suivra Ma guidée … pour eux, nulle crainte, et point ne seront attristés. »  » (Baqara, 2 : 38).

 

T2. « Ainsi Nous avons fait de vous [croyants !]Une communauté éloignée des extrêmes (wasatan), pour que vous soyez témoins à l’encontre des Hommes et que l’Apôtre soit témoin à votre encontre.  » (Baqara, 2 : 2).

 

T3.  » J’ai été témoin à leur encontre, tant que je suis demeuré parmi eux .Quand Tu m’as eu rappelé (Tawaffa) à Toi, c’est Toi qui as été le surveillant, à leur endroit car, de toute chose, Tu es témoin.  » (Ma’ida, 5 : 117)

 

T4.  » Nous avons, en vérité, révélé la Torah où se trouvent une Direction et une Lumière. D’après elle, et pour ceux qui pratiquaient le Judaïsme, les Prophètes qui s’étaient soumis à Dieu, les maîtres divins (Rabbaniyten ) et les docteurs (Ahbar) rendaient la justice, conformément au Livre de Dieu dont la garde leur était confiée et dont ils étaient témoins . » (Ma’ida, 5 : 44).

 

Dieu connaît bien Sa créature :

 

 » Et très certainement, Nous avons créé l’homme et Nous savons ce que son âme lui suggère.  » (Qâf, 50 : 16).

 

 » Croyez-vous que Nous vous ayons créés sans but et que vers Nous vous ne serez pas ramenés ?  » (Mû-minûn, 23 : 115)

 

Cependant Il lui a confié le « Dépôt  » et lui a assigné de grands buts – la construction de la société de l’Unicité Divine, Tâwhid. Dés lors il fallait qu’Il lui donne les moyens de remplir sa mission sans se perdre. Et c’est ainsi que parallèlement à la Ligne du Khilafat, Dieu a tracé la Ligne du Témoignage pour préserver l’homme-Khalife des déviations et le diriger dans sa marche, prouvant encore une fois de plus, s’il en est besoin, tout l’Amour qu’Il porte à Ses humbles créatures que nous sommes.

 

Le verset T4 ci-dessus nous donne les trois catégories de témoins :

 

  • Les Prophètes.

 

  • Les Témoins divins, qui sont les Imams.

 

  • Les  » Docteurs « , qui sont les Ulémas.

 

Ces trois types de Témoignage ont des fonctions communes mais des rôles respectifs différents. En effet tout Témoin, référence intellectuelle et législative (savant et juge), a essentiellement pour fonction de diriger la marche de la communauté, assurant ainsi la conformité avec le Message divin dont il est gardien.

 

I-1-2-2 LES PROPHETES

 

D’abord il est important de faire la distinction entre deux catégories de Prophètes :

 

* Les Prophètes Envoyés de Dieu (Rassûl)[19] qui reçoivent le Message mais ont en plus le devoir de le transmettre et de diriger cette communauté. Cinq d’entre eux apportent un nouveau Code de vie (Chari’a) et sont appelés Ulul-‘Azm.

 

* Les Prophètes porteurs du Message ou Nabi mais qui ne sont pas chargés de le transmettre. Du premier des Prophètes, Adam (P), au dernier, Muhammad (P), 124000 Prophètes (P) auraient été missionnés. Les cinq ulul-Azm est :

 

* Le Prophète Nuh (P)

 

* Le Prophète Ibrahîm (P)

 

* Le Prophète Moûssâ (P)

 

* Le Prophète ‘Issa (P)

 

* Le Prophète Muhammad (P)

 

Les Juifs sont les disciples de Moûssâ, les Chrétiens ceux de ‘Issa et les Musulmans de Muhammad (P). Ainsi il fut révélé aux Prophètes :

 

  • Nuh : Sahifa

 

  • Ibrahîm : Sahifah

 

  • Moûssa : Tawrat

 

  • Dâwoud : Zabûr

 

  • ‘Issa : Injîl

 

  • Muhammad (P) : Al Qur’ân, Qui abroge et annule tous les autres Livres de même que l’Islam abroge toutes les autres religions.

 

On pourrait alors se demander à quoi pourraient « servir » les Nabi s’ils ne  » dirigent » pas la communauté. Tout d’abord il faut savoir que Dieu peut créer ce qu’Il veut sans avoir à S’en expliquer. Ensuite il est certain que la présence d’un être pur contribue à élever, au moins de façon passive, le niveau des consciences individuelles et de la conscience collective, c’est-à-dire tout simplement à purifier son environnement humain.

 

Dans ce qui suit il est essentiellement question des Rassûl quoique les Nabi puissent être concernés s’ils se retrouvent dans la position de guides.

 

Le Prophète (P) est désigné par Dieu pour être celui qui reçoit la Révélation et éduque la communauté l’éloignant des faiblesses de la période d’ignorance pré-islamique ou Jahilia et l’élevant au niveau du rôle du Khilafat. C’est d’ailleurs dans ce sens de faire prendre conscience à la communauté de ses responsabilités vis-à-vis du Khilafat que Dieu a imposé- en Grand Pédagogue qu’Il est – au Prophète de l’Islam (p) de consulter les membres de cette communauté sur les affaires de l’état.(Al-îmran, 3 : 159).

 

En plusieurs endroits le Coran a défini le rôle du Prophète (P) :

 

« Dieu envoya les Prophètes comme Annonciateurs et Avertisseurs, et fit descendre avec eux le Livre avec la vérité, pour juger entre les hommes, sur ce sur quoi ils s’opposèrent.  » (Baqara, 2 : 30)

 

 » Nous avons fait descendre vers toi l’?criture chargée de Vérité, déclarant véridique ce qui, de l’?criture, est antérieur à elle et en proclamant l’authenticité. Arbitre donc entre tous ces gens au moyen de ce que Dieu a fait descendre! Ne suis point leurs doctrines pernicieuses t’écartant de la Vérité venue à toi! A tous, Nous avons donné une règle et une voie.  » (Al-Mâ’ida, 5: 48).

 

 » C’est Lui qui a suscité parmi les illettrés un Envoyé issu d’eux, Qui leur récite Ses versets, Qui les purifié, et Qui leur enseigne le Livre et la sagesse; bien qu’ils furent auparavant dans un égarement manifeste.  » (Al-Jumu’a, 62: 2).

 

« Et de même, Nous n’avons envoyé avant toi d’Avertisseur en une cité, sans que ses gens aisés n’aient dit: « Oui, nous avons trouvé nos pères sur un chemin et nous suivrons leurs traces.  »  » (Zukhruf, 43 : 34 ).

 

 » […] leur ôtant le fardeau et les carcans qui étaient sur eux. Ceux qui auront cru en lui, l’auront soutenu, l’auront secouru, et auront suivi la lumière descendue avec lui, ceux – là sont les gagnants.  » (A’râf, 7 : 157 ).

 

La responsabilité du Prophète (P) est donc très large: non seulement il doit être un excellent gestionnaire des affaires de l’état mais en plus il doit orienter et guider les hommes dans le chemin de Dieu. Il détient les pouvoirs temporels et spirituels et les exerce à la perfection.

 

De ce rôle que le Prophète (P) assume découle d’ailleurs sa nécessaire infaillibilité qui est exaltée dans bien des versets[20] du Saint Coran; cette infaillibilité que veulent malheureusement ôter au Prophète de l’Islam (P) certains de nos coreligionnaires victimes d’enjeux et d’intérêts qui, souvent, les dépassent. Nous y reviendrons plus loin, In Challah.

 

I-1-2-3 LES IMAMS

 

La construction de la Société de l’Unicité Divine étant une œuvre de longue haleine la durée de vie des Prophètes (P) est d’habitude courte devant le temps que dure la réalisation de cette Œuvre. Chacun d’entre eux – qu’il soit Nabi ou Rassûl – apporte sa pierre à l’édifice.

 

Cependant Dieu a prévu la préservation de Son Message puisqu’Il dit à propos du Prophète de l’Islam (P) et des autres Prophètes:

 

 » Mohammed n’est qu’un Messager; des Messagers ont vécu avant lui. Retourneriez-vous sur vos pas, s’il mourait ou s’il était tué? Celui qui retourne sur ses pas ne nuit en rien à Dieu.  » (Ali-‘Imrân, 3 : 144).

 

Ainsi donc Dieu a désigné comme successeurs de Ses envoyés des hommes tout aussi exceptionnels que les Prophètes (P). Il est clair, en effet, que seul un homme doté au moins des mêmes qualités que celles du prophète (P¨) peut lui succéder dans l’exercice des deux pouvoirs temporel et spirituel afin d’assurer la pérennité de l’Islam. Ces successeurs désignés par Dieu Lui-même sont les Imams (P).

 

Si certains dirigeants de l’Islam, après la mort du Prophète (P), ont échoué, et ont eux-mêmes reconnu leur échec, c’est parce qu’ils ont pris le pouvoir, sans réunir les deux dimensions nécessaires, qui sont indissociables. Leur ignorance des prescriptions (ahkâm dîniyya) a été à l’origine de graves déviations.

 

L’Imam (p) étant le dépositaire du Message, il détient et exerce des pouvoirs de puissance divine sans toutefois apporter un nouveau Message ou une nouvelle Religion. Citons à ce propos le Coran :

 

 » Nous en fîmes, parmi eux, des Imams qui guident[21] par Notre Commandement, car ils ont enduré, et ont la certitude éprouvée de Nos Signes.  » (As-Sajda, 32 : 24)

 

 » Nous en fîmes des Imams qui guident par Notre Commandement.  » (Al-Anbiyâ, 21 : 73)

 

 » Le jour où Nous appellerons tous les hommes par leur Imam…  » (Al-‘Isra, 17 : 71)

 

 » Nous lui avons donné, par surcroît, Isaac et Jacob, dont Nous avons fait des justes. Nous les avons établis comme des Imams (chefs) qui dirigent les hommes selon Notre ordre. Nous leur avons inspiré des œuvres bonnes .  » (Al Anbiyâ, 21 : 72 et 73).

 

« Et Nous avons fait une direction pour les fils d’Israël. Nous avons suscité des Imams pris parmi eux. Ils les dirigeaient sur Notre ordre, quand ils étaient constants et croyaient fermement à Nos signes.  » (Sajda, 32 : 23 et 24).

 

De même que le Prophète (P), il est Khalife et Témoin. L’Imam (P), successeur du Prophète (P), est alors infaillible car il est le Pôle (Al khoutbou Zamàn ) de jonction des deux Lignes du Khilafat et du Témoignage; il doit conduire le changement sans en être l’objet c’est-à-dire sans être ni avoir jamais été influencé par les normes de la Jahilia qu’il combat. Pur de tout pêché présent ou passé, il est préservé de l’erreur par Dieu et maîtrise la science prophétique – le Savoir et la Connaissance qui permettent de diriger les affaires de la Umma.

 

I-1-2-4 LES MARJA (sources de référence)

 

Le Docteur (‘Alim) ou Marji’, lui, doit sa désignation à la communauté après un effort humain intense pour acquérir la connaissance de l’Islam et une piété sans faille. La Marja’iya, fonction remplie par le Marja’, est une décision divine tandis que sa concrétisation en une personne est le fait de la communauté.

 

Il est évident que ces qualités de justice et de piété ainsi que ces connaissances du Marja’ acquises de haute lutte ne peuvent faire l’objet d’un legs ou d’un héritage comme il est souvent – hélas! – coutume de voir certains descendants de grands Cheikhs le prétendre surtout en Afrique noire mais aussi ailleurs dans le monde musulman.

 

Et ceci malgré qu’il soit de notoriété publique que la plupart de ces Cheikhs ont refusé de se singulariser dans l’Islam pour ne pas être à l’origine de la division des musulmans en sectes ou confréries dirigées souvent par des gens qui se soucient davantage de leur propre ego que de l’être du monde.

 

Le rôle des Marja’ est très important aussi bien en présence d’un Imam (P) qu’en son absence. Il est le prolongement des Prophètes (P) et des Imams (P) auprès des populations pour répandre les enseignements et prescriptions du Livre Saint grâce aux écoles et autres universités qu’il contribue à créer, à régénérer et à promouvoir. Et lorsque l’Imam (P), comme c’est le cas pour notre époque, se retire alors les Marja’ ont la lourde tâche d’être les Témoins que Dieu nous a donnés pour nous guider de façon visible tandis que l’Imam (P) poursuit son œuvre de guidance intérieure en attendant le moment opportun pour l’exercer dans toutes ses dimensions.

 

I-1-2-5 LES DIFFERENCES ENTRE LES TEMOINS

 

Ainsi une première différence de taille entre d’une part les Prophètes (P) et les Imams (P) et d’autre part les Marja’ est que les premiers doivent être infaillibles (Ma’ssoum) afin d’assister à la perfection le Khalife ou d’être même le point de jonction des deux Lignes du Khilafat et du Témoignage, tandis que les Marja’ se doivent d’être extrêmement justes sans forcément être infaillibles car ils ont besoin eux-mêmes de témoin :

 

 » Afin que l’Apôtre soit témoin à votre encontre et que vous soyez témoins à l’encontre des hommes.  » (Hajj, 22 : 78 ).

 

 » Ainsi Nous avons fait de vous [croyants!] une Communauté éloignée des extrêmes, pour que vous soyez témoins à l’encontre des hommes et que l’Apôtre soit témoin à votre encontre.  » (Baqara, 2 : 143).

 

C’est cette différence par rapport à l’erreur qui prédétermine l’attitude du musulman vis-à-vis des différents Témoins: il doit être soumis (musulman) aux Prophètes (P) et aux Imams (P) alors qu’il est un disciple (moukhalled) du Marja’.

 

Evidemment, la communauté a besoin d’être dirigée. En l’absence physique d’un Imam (P), comme c’est le cas actuellement, les Marja’ sont alors chargés de cette direction et représentent ainsi la Lignée de l’Imamat Général. C’est pourquoi nous devons leur verser un cinquième de nos surplus à titre de khoumous – ce qui revenait au Prophète et à sa Famille – comme le prescrit clairement le verset 41 de la Sourate VIII (Anfâl). Cet argent sert à aider les démunis, à contribuer au rayonnement de l’Islam à travers l’enseignement et tout ce qui le favorise, entre autres.

 

La seconde différence entre les trois types de témoins réside dans leur mode de désignation et donc de « remplacement » en cas de disparition.

 

Concernant les Marja’, leur Ligne est tracée par Dieu mais leur choix est fait de façon consciente par la Umma. Les Prophètes (P) sont reconnus à travers les miracles qu’ils réalisent[22] et la Révélation qu’ils reçoivent tandis que les Imams (P) nous sont révélés par les Prophètes (P), les autres Imams ou par des preuves irréfutables.

I-2 LES DETENTEURS DU POUVOIR EN ISLAM :

 

I-2-1 ULIL-AMR (DETENTEURS DU POUVOIR)

 

Il est généralement reconnu que les mauvaises œuvres sont le résultat de l’ignorance; plus on connaît, moins on s’expose au risque du pêché ou de la mauvaise action. Le grand nombre de scandales politiques suivis de chutes d’hommes politiques importants dans nos états modernes, qui se voudraient laïques (?) mais sont en tout cas profanes, nous suffit pour prévoir ce qui se passerait s’il s’agissait d’une société qui veut réaliser un projet divin où aucune faute ne serait pardonnée. On comprend dés lors pourquoi on exige de l’Imam (P) la perfection.

 

Tout ce qui a été dit ci-dessus à propos des Prophètes (P) et des Imams (P) sur le pouvoir et son exercice dans l’Islam est confirmé très clairement par ce verset, et bien d’autres, du Saint Coran:

 

 » O vous qui croyez! Obéissez à Dieu, au Prophète et à ceux d’entre vous qui détiennent le Commandement (ûlil-amr) ! Et si vous divergez au sujet d’une chose, renvoyez-la à Dieu et au Prophète; si vous croyez en Dieu et au jour dernier. C’est préférable et meilleur comme interprétation.  » (An-Nisâ’, 4 : 59)

 

D’après ce verset les détenteurs du pouvoir en Islam sont: Dieu Lui-même, Son Prophète et ceux qui détiennent le Commandement. Ainsi, obéir aux détenteurs du commandement (ulil-amr) c’est obéir à Dieu et au Prophète (P); il est alors inadmissible que de tels dirigeants puissent commettre ou faire commettre des erreurs encore moins être des dictateurs, des ignorants ou des pêcheurs sinon … ils nous feraient désobéir à Dieu!

 

Il apparaît ainsi de façon évidente que l’Islam recommande vivement – sinon exige – que les détenteurs du Commandement soient des hommes infaillibles donc des Imams (P) ou alors des Khalifes qui sont alors assistés de façon très rapprochée et assidue par un Imam (p) qui les éloigne de l’erreur grâce à sa guidance de sorte que les deux Lignes du Khilafat et de l’Imamat restent toujours concomitantes.

 

L’histoire nous prouve que lorsque l’Imam (P) n’est pas Khalife surtout que le Khalife n’est dans ce cas jamais totalement soumis à l’Imam (P) alors on s’écarte de plus en plus du chemin de Dieu.

 

Un exemple simple dans notre environnement immédiat ou médiat pour illustrer la nécessité de l’infaillibilité – toutes proportions gardées! – pourrait être trouvé dans le cadre d’une entreprise ou d’un service donc une organisation hiérarchisée.

 

En effet un employé quelconque doit obéissance à son supérieur hiérarchique et au chef de l’organisation. Cependant s’il commet une faute en exécutant correctement un ordre provenant de son supérieur hiérarchique ou du chef, le droit positif prévoit de sanctionner selon leur degré de responsabilité aussi bien cet exécutant que son donneur d’ordre qui pourrait être le grand chef. Mais il arrive souvent que la preuve de la responsabilité du donneur d’ordre ne puisse être faite et alors c’est l’exécutant qui porte fort injustement l’entière responsabilité de sa faute. Voilà devant la justice des hommes un cas d’injustice flagrante et fréquente où la référence ultime en matière de justice et de commandement est elle-même injuste, alors qu’en Islam cette référence, infaillible, est Dieu et Son Prophète (p) à travers le gardien de la Révélation qu’est l’Imam (p).

 

Enfin nous allons raffermir notre conviction à travers ce hadith autour duquel l’unanimité s’est faite:

 

« Quiconque s’approprie une bonne tradition en détient du même coup tous les bienfaits au même titre que l’initiateur de cette tradition; inversement les méfaits seront proportionnels dans le cas d’une mauvaise tradition.  »

 

I-2-2 LE CHOIX DU SUCCESSEUR DU PROPHETE (P)

 

L’histoire de la Lignée des Prophètes (P) nous montre que le successeur du Prophète était habituellement choisi – par Dieu – parmi les descendants ou proches du Messager nés dans sa maison et n’ayant connu d’autre éducation que la sienne. Bien avant l’avènement du Prophète Muhammad (P), Dieu a plusieurs fois choisi les successeurs de Ses messagers parmi leurs descendants:

 

 » Nous avions envoyé Noé et Abraham et Nous avions établi, chez leurs descendants, la prophétie et le Livre.  » (Hadîd, 57 : 26 ).

 

 » Nous lui avons donné Isaac et Jacob. Nous les avons tous deux dirigés. Nous avions auparavant dirigé Noé, et, parmi ses descendants: David, Salomon …  » (An’âm, 6 : 84 )

 

Ce qui est mis en exergue ici c’est la formation et l’éducation sans lesquelles la seule parenté au sens de Dieu n’a aucune valeur. La preuve est dans le verset suivant :

 

 » Lorsque son Seigneur éprouva Abraham par certains ordres, et que celui-ci les eut accomplis, Dieu dit : »Je vais faire de toi un Imam pour les hommes.  »

 

Abraham dit :

 

« Et pour ma descendance aussi ? »

 

 » Mon alliance ne concerne pas les injustes. » » (Baqara, 2 : 124).

 

Donc il ne suffit pas d’être un fils de Prophète (P) ou un de ses proches pour être un Imam. C’est Dieu qui désigne qui Il veut et quand Il le veut.

 

Ainsi le Prophète de l’Islam (P) se devait-il de respecter cette coutume divine car Dieu affirme dans le Coran qu’Il ne change pas les coutumes qu’Il a établies entre Lui et Ses créatures :

 

 » Allah ne prive un peuple de Ses Bénédictions que si ce peuple change lui-même ses nobles habitudes.  » (Al-Anfâl, 8 : 53).

 

Citons quelques exemples qui illustrent cette tradition qui consiste chez les Prophètes à se faire succéder par un de leurs descendants ou un de leurs proches :

 

* Adam (P), le premier des bergers des âmes, a eu pour successeur Chi’th en disant de lui :

 

 » Celui-là est le meilleur d’entre ceux qui me survivront. » [23]

 

* Nuh’ (P) trouva son successeur en Saam (P) sur ordre de Dieu.

 

* Dieu désigna Yusha’ (P) pour succéder à Mûssa (P).

 

* Assif Bune Barkhiya (P) poursuivit l’œuvre divine de Suleymane (P).

 

* Pour ‘Issa (P) le meilleur des hommes après lui fut Cham’une Al Safa (P).

 

* Le Prophète de l’Islam (P), lui, a dit de Ali (P) : « Celui dont je suis le maître, voici Ali qui sera son maître. », comme le rapportent les hadiths authentiques du Prophète (p) reconnus par tous les groupes de l’Islam.

 

Par ailleurs, la situation chronologique particulière du Prophète de l’Islam (p) dans la Lignée des Envoyés de Dieu et le « souci » de laisser à l’homme une Lignée de Guides après Son dernier Envoyé pourraient être, entre autres raisons que le Tout – Puissant est le Seul à détenir toutes, à l’origine de la place exceptionnelle faite par Dieu Lui-même à la Descendance de Muhammad (P) : Ahlul Bayt (Gens de la Maison) ou Ahlu Zikr (Gens du Discours ou du Rappel) ou Ahlul Kissa (Gens de la Couverture ou du Manteau de la Prophétie sous lequel le Prophète (P) a reçu une fois la Révélation de Dieu en compagnie de ‘Ali (P), Fatima (P), Hassan (P) et Hussein (P)[24]). C’est là l’objet du chapitre suivant.

 

II – LA DESCENDANCE PURIFIEE DU PROPHETE DE L’ISLAM (P) :

 

II-1 PRINCIPES GENERAUX

 

Tous les musulmans sont unanimes autour des points suivants :

 

* Le Coran est la Parole de Dieu, immuable et inimitable.

 

* On ne peut y ajouter ni en soustraire le moindre signe.

 

* Nous avons le devoir absolu de respecter les enseignements du Coran et d’observer étroitement les prescriptions divines qui nous y sont données.

 

* Le Coran a fait l’objet d’une interprétation par le Prophète (P) lui-même pour l’expliquer et en faciliter l’accès à sa communauté.

 

S’il y a divergence entre les musulmans c’est seulement dans la réponse à la question : vers qui faut-il se tourner pour avoir la bonne interprétation ?

 

Nous allons chercher la réponse à cette question dans le Saint Coran qui a, encore une fois comme dans bien d’autres domaines, clairement et définitivement tranché sur cette question.

 

Alors, peut-on au gré de quelques vils intérêts terrestres – on pourrait trouver d’autres motifs tout aussi inacceptables tels que l’ignorance et le refus « jahilien » du changement – peut-on donc tantôt croire tantôt ne pas croire au Coran pourtant reconnu comme Parole de Dieu donc Vérité Absolue ? Assurément non ! Que Dieu nous garde d’une telle turpitude !

 

Voyons à présent des preuves (Al’Adîla) irréfutables que nous donne la Parole de Dieu. Nous vous proposons douze citations du Coran que nous tenterons d’interpréter à la lumière de quelques hadiths reconnus comme véridiques par la presque totalité des musulmans, toutes tendances confondues. Ce sont des preuves qui attestent que Dieu nous a laissé pour nous guider dans le chemin qui mène à la perfection deux choses : le Coran et la descendance purifiée (Ahlul Bayt) de Muhammad (P); en particulier parmi cette descendance le premier Imam après lui, désigné par Dieu bien sûr, est Ali Ibn Abu Taalib (P).

 

Un bref rappel historique sur leurs liens de parenté : le père de l’Imam Ali (P), Abou Taalib (P), est l’oncle paternel du Prophète (P) et a élevé le Prophète (P) de façon privilégiée par rapport à ses nombreux autres enfants. Ce dernier à son tour éduqua avec beaucoup d’amour son jeune cousin Ali (P) (ainsi donc ce dernier n’a jamais été jahilite[25]) à qui il donna en mariage sur ordre de Dieu sa fille préférée Fatima (P). L’Imam Ali (P) avait huit (8) ans lorsque le Message descendit pour la première fois sur le Prophète (P) à l’âge de quarante (40) ans la nuit d’un lundi. L’Imam Ali (P) l’a cru dés le lendemain et devint ainsi le premier musulman.

Tiré du livre:LES VERITES DE LA SUCCESSION DU PROPHETE (P) | Auteure:CHERIF MOHAMMED ALI AIDARA