Les débats de Imam Al-sadiq

Ahmad ibn Muhsin al-Maythami relate qu’il était avec abu Mansur al-Mutatbbib qui relata ceci :

 » Un de mes proches a dit qu’il était avec ibn abu al-Awja et Abdullah ibn al-Mouqaffa dans la Sainte Mosquée de la Mecque. Comme nous étions là, Ibn al-Mouqaffa dit ,  » Voyez-vous ces créatures, se dirigeant vers l’emplacement de la Sainte Ka’abah pour éffectuer le Tawaf ?

De toutes ces personnes, aucune ne mérite de s’appeler un être humain excepté ce Cheikh se trouvant là, signifiant de ce fait l’Imam abu Abdullah(a.s.).

« Les autres sont déviés et bêtes ». Sur ce, ibn abu al-‘Awja dit,  » pour quelle raison dis-tu qu’il est un être humain et pas le reste ?  »

 

Ibn al-Mouqaffa répondit-alors ,  » Car, j’ai vu avec lui ce que je n’ai pas vu avec les autres ».

 

Ibn abu al-Awja rétorqua,  » Nous devons vérifier ce que tu revendiques ».

 

Ibn al-Mouqaffa dit,  » Je t’exhortes à ne pas agir ainsi de peur que tu ne détruises ta propre foi ».

Ibn abu al-Awja rétorqua,  » je ne pense pas que ce soit pour cette raison que tu aies dis cela, je pense plutôt que tu as peur de ne pas savoir justifier ce que tu as dit au sujet de cet homme ».

 

Ibn al-Mouqaffa lui dit,  » Si c’est ça que tu penses, alors rends-toi auprès de lui et protèges-toi autant que tu pourras.

 

Sois fort autant que tu le peux, ainsi tu ne seras pas borné et tu noteras les points contre et en ta faveur.

 

Ibn abu al-Awja parti et ibn al-Mouqaffa et moi-même sommes demeuré là.

 

Quand ibn abu al-Awja est revenu, il lui dit, « ô ibn al-Mouqaffa, Malheur à toi ! Ce n’est pas un être humain bien qu’il vive en ce monde.

 

Il est un esprit sous forme humaine lorsqu’il désire l’au-delà, il devient un être spirituel et lorsqu’il désire le monde d’ici-bas, il devient la voie à suivre ». Ibn al-Mouqaffa lui demanda,  » Comment cela se fait-il ?  »

 

Ibn abu al-Awja dit,  » Je me suis assis près de lui et quand chacun s’en est allé, il s’est tourné vers moi et m’a dit,

 

 » Si c’est la vraie voie à suivre que ceux-là (les gens effectuant le Tawaf) préconisent, ils seront préservés et tu seras détruits.

 

Si c’est la voie que tu préconises qui n’est pas bonne, toi et eux êtes sur le même pied d’égalité. »

 

J’ai alors demandé,  » Te soit agréable, mais Que dis-je et que disent-ils ? Nous disons tous la même chose.  »

 

Il lui répondit,  » Comment ce que tu dis, pourrait-il être l’égal de ce qu’ils disent ? Ils disent qu’ils seront ressuscités au jour du décompte pour recevoir leurs récompenses et leurs pénalités. Ils croient dans une religion qui témoigne que dans les cieux est leur Seigneur.

Tandis que toi tu dis qu’ils sont comme des ruines et qu’il n’y a rien en eux. »

Ibn abu al-Awja dit,  » J’ai alors trouver l’occasion de parler et de lui demander qu’attend alors ce Seigneur qui existe, si c’est la vraie voie qu’ils préconisent pourquoi n’apparaît-il pas à ses créatures afin de les appeler à sa religion, de sorte que deux personnes ne puisse s’opposer l’une à l’autre ?(lui et l’Imam)

Pourquoi se cache-t-il d’eux et leurs a seulement envoyé des messagers ?

 

S’il avait eu un contact direct avec eux(les humains), ils auraient eu plus facile d’avoir foi en lui.  »

 

Il a alors répondu, « Peine à toi, comment Celui(Allah) qui t’a déjà montré sa puissance se cacherait-il de toi ?

 

Il t’a estimé alors que tu n’existais pas encore, puis il t’a aidé à te développer quand tu étais petit.

 

Il t’a donné la force et la puissance quand tu étais faible et te rendra faible encore après avoir été fort.

 

Il te rend malade après t’avoir guéri et pu te donner la santé après la souffrance de la maladie.

Il peut te rendre heureux après avoir éprouvé la colère, il peut te rendre fâché après t’avoir fait heureux.

 

Il peut te rendre triste après la joie et te donner la joie après la tristesse. Il peut te donner l’amour après ton sentiment de haine et la haine après t’avoir fait apprécié l’amour.

 

Il peut te donner la détermination après ton incertitude et l’incertitude puis ensuite la détermination.

 

Il peut te donner des désirs forts après ton sentiment d’aversion et l’aversion après des désirs forts.

 

Il peut te donner la bonne volonté après la crainte et la crainte après la bonne volonté.

 

Il peut te donner l’espoir après le désespoir et le désespoir après beaucoup d’espoir.

Il peut te donner le bon souvenir de ce que tu n’as eu aucune idée et retirer ce que tu as pu avoir eu comme souhait.  »

 

Il a continué à me rappeler avec une telle puissance d’âme que je ne pouvais plus nier et moi j’ai commencé à avoir le sentiment que tout ce qui était (dit) entre lui et moi était évident.  »

 

Ce qui suit est relaté de la même source dans un Marfu ‘ en tant qu’apport supplémentaire au paroles ci-dessus d’ibn abu al-Awja avec l’Imam abu Abdullah (a.s.). Ibn abu al-Awja est venu le jour suivant à la réunion de l’Imam et s’est assis tranquillement. L’Imam(a.s.) lui dit,  » Tu aimerais passer en revue les choses dont nous avons discutés hier ?  »

 

Il répondit, « ô fils du Messager d’Allah, je suis venu pour cela. » L’Imam a alors indiqué,

 

« Il est étrange que quelqu’un qui ne croit pas en Allah reconnaisse l’existence du Messager d’Allah.

 

 » Il a répondu,  » C’est seulement l’habitude qui m’a fait parler ainsi. »

 

L »Imam demanda alors,  » Qu’est-ce qui t’amènes alors ?  »

 

Il a répondu,  » C’est ton éloquence et tes capacités spirituelles impressionnantes qui tiennent ma langue hors du débat.

J’ai vu beaucoup de Savants et j’ai discuté avec beaucoup de théologiens, mais je n’ai jamais éprouvé un sentiment si impressionnant avec eux comme j’ai avec toi.  » L’Imam lui dit, « Cela se peut mais je voudrais commencer par te poser une question ».

 

L’Imam se tourna vers lui et lui demanda,  » Es-tu créé ou bien incréé ?  »

 

Ibn abu al-Awja répondit,  » Je suis incréé.  » L’Imam lui a alors demandé,  » Alors, décris-moi la nature que tu aurais eu si tu étais créé(puisqu’il dit qu’il est incréé) ».

 

Il resta silencieux et confus, puis commença à jouer avec un morceau de bois en griffonnant la terre, puis il dit : La largeur, la profondeur, l’étroitesse, la mobilité et l’immobilité, toutes ces qualités font partie de la nature des créations »

L’Imam a alors dit,  » Si tu donnes ces qualités à la création, considère-toi alors comme une création parce ces qualités se trouvent également en toi et se produisent.  »

 

Ibn abu al-Awja répondit,  » Tu m’as posé une question que personne avant ne m’avait posée et que personne après ne me posera.  »

Abu Abdullah dit alors,  » Excellent, J’en déduis que tu n’avais rien demandé auparavant, mais comment es-tu sûr que tu ne demanderas plus rien à l’avenir ? (modestie de l’Imam face à une flatterie)

 

En outre, ce que tu as dit est à l’opposé de ta notion qui est qu’au départ toutes les choses sont égales »

 

Combien (d’erreur)alors as-tu faites et combien en feras-tu ? »

L’Imam continua,  » ô ibn abu al-Awja laisse-moi t’expliquer. Supposons que tu ai un panier plein de perles et qu’une personne te demandes, « Y-a-t’il un Dinar dans ton panier ? »

Suppose toujours que tu répondes, » Non, il n’y a pas de Dinar dans mon panier.  » et que la personne te dises,  » Bon, décris-moi la nature du Dinar.  » alors que tu ne connais pas la nature du Dinar, Pourrais-tu nier avoir un Dinar dans ton panier, si tu n’en connais pas la nature ?

 

Il a répondu,  » non, je ne nierait pas.  »

 

L’Imam alors dit,  » le monde est plus grand et pus vaste qu’un panier. Il se peut qu’existe dans le monde une création dont tu ne sâche rien et dont tu ne pourrais pas savoir si elle est créé ou non-créé.  »

 

Ibn abu al-Awja resta silencieux, mais certains de ceux qui l’avait accompagné embrassèrent l’Islam et d’autres pas.

Ibn abu al-Awja est revenu chez l’Imam le troisième jour et lui dit,  » J’ai complètement changé de question.  »

L’Imam lui répondit,  » Demande ce qu’il te plait.  »

 

Il a alors demandé,  » Qu’elle est la preuve que les choses(matières) n’existaient pas déjà, puis qu’elles sont rentrées dans l’existence ?  »

 

L’Imam lui répondit,  » Je n’ai jamais vu une matière, petite ou grande sur laquelle s’ajouterait une chose de la même taille sans qu’elle ne devienne plus grande.

 

En cela consiste donc un changement et une transformation de son état premier.

 

Cependant, si cette matière était éternelle, elle ne subirait alors aucun changement, ni transformation. »

 

Ce qui peut cesser d’exister ou évoluer peut par logique exister et ètre détruit.

 

ainsi, si une matière aurait existée sans qu’elle n’ait été créé, cela la rendrait absolue et ce serait comme si elle n’existait pas, mais étre éternelle et inexistante est en opposition, quelque chose sans début et sans devenir.  »

 

Ibn abu al-Awja rétorqua,  » Supposons, que ce que tu viens de dire soit une preuve. Cependant, si les choses restent petites en dépit de l’ajout, alors comment le prouverais-tu ?  »

 

L’Imam a alors indiqué,  » Nous parlons de cet univers qui est déjà là. » Avons-nous la capacité de l’enlever et de placer un autre univers à sa place ? Notre

incapacité est en sois une grande preuve.

 

Cependant, je te répondrai selon ta prétention.

 

Si les matières inertes restaient petites tout en recevant une autre chose elle serait plus grande.

 

Le fait qu’elles peuvent changer est une preuve de leur devenir temporel et son état changeant est la preuve de son éventualité.

 

Il n’y a rien au delà pour toi ô Abdul Karim.

 

Abdul Karim n’a rien eu a redire.

 

L’année suivante, il a encore rencontré l’Imam (a.s.) à la Mecque et un de ses proches se dem anda si Abdul Karim était devenu musulman.

 

L’Imam lui a alors indiqué qu’Abdul Karim était aveugle en cette matière et qu’il n’était pas devenu musulman.

 

Quand Abdul Karim vit l’Imam(as) il a dit,  » mon maître, mon chef !  » LImam(as) lui a alors demandé,  » Qu’est-ce qui t’amène ici ?  »

 

Il a alors répondu,  » Ce sont les habitudes et les traditions de la ville de venir voir ce que les pélerins font de leurs jet de cailloux .

 

L’Imam(as) dit, « Il me semble que tu vis toujours dans ton arrogance et ton égarement, ô Abdul Karim.  »

 

Il a commencé à parler mais l’Imam(as) lui dit, « La discussion pendant le tawaf n’est pas permise. L’Imam a libéré son habit de la main d’Abdul Karim et a indiqué,  » Si c’est la voie que tu suis qui est vraie nous et toi sommes préservés. Cependant, si c’est la voie que nous suivons qui est vraie nous serons préservés et toi perdu.  »

 

Abdul Karim s’est alors tourné vers ses proches et cria,  » je sens la douleur à mon cœur. Emmenez-moi. Ils l’ont emmené et il est mort.