LE PREMIER IMAM Ali Ibn Abi Taleb (as)

LE PREMIER IMAM
Le Prophète de Dieu, dès le début de sa mission divine et jusqu’à sa mort, avait à maintes reprises, présenté Ali Ibn Abi Tâleb, comme son successeur et comme le futur Imam des musulmans.
La dernière année de sa vie, après le pèlerinage à la Mecque, sur le chemin du retour, dans un lieu appelé Ghadir–e–Khom, il reçoit la révélation d’un verset coranique qui lui dit:
« ô, Prophète! Fais connaître ce qui t’a été révélé par ton seigneur. Si tu ne le fais pas, tu n’auras pas fait connaître Son message. Dieu te protégera des hommes »
Le Prophète de Dieu ordonna à tous les musulmans qui le suivaient, de s’arrêter. Plus de soixante dix mille pèlerins encerclaient le prophète pour l’écouter. Il ordonna qu’on installe une chaire sur une estrade de fortune, où il monta et prit la main d’Ali Ibn Abi Tâleb en le montrant clairement à tous. Puis il commença un discours:
« Que ceux qui me reconnaissent en tant que Guide reconnaissent de même Ali, comme leur guide qui prendra (après moi) la direction des affaires.
ô, mon Dieu, que celui qui veut du bien à Ali et en est l’ami, soit Ton ami, et sois l’ennemi des ennemis d’Ali!
Omar fut le premier à prêter serment d’allégeance. Il dit: « ô, Ali je te présente mes compliments et mes félicitations! Tu es le Guide et le dirigeant de tous les musulmans et de moi–même ». Après Omar, les autres musulmans vinrent prêter serment d’allégeance et sous le soleil brûlant de Hejaz, Ali fut officiellement désigné comme le successeur du Prophète ».
Ce jour qui était le dix huitième jour du mois de Zil–Hadjé, de la dixième année de l’hégire, est pour les chiites, un jour de fête et de cérémonies en souvenir de cet événement grandiose et inoubliable.
Hazrate Ali (Que le salut de Dieu soit sur lui) naquit à la Mecque, le 13 du mois de Rajab, vingt trois ans avant l’émigration à Médine. Son père était Abou Taleb et sa mère Fâtemeh.
Dès l’enfance, il fut pris en charge et éduqué par le Prophète et fut le premier musulman. Le Prophète de Dieu (Que le salut de Dieu soit sur lui), lui donna sa fille bien–aimée, Fâtemeh, en mariage.
Ses qualités, ses innombrables vertus et les services qu’il rendit au Prophète sont si nombreux qu’il est impossible de les citer tous dans ce livre. Son courage et sa noblesse d’âme étaient uniques, il était présent à toutes les guerres, il était toujours le premier volontaire et ne craignait aucun ennemi. Il participait au Djihâd pour le développement de l’islam et la propagation du Monothéisme. Il mettait sa vie en jeu, lors des événements difficiles et se sacrifiait avec courage pour la cause de l’islam. Sa piété était unique et son savoir incomparable. C’était lui qui détenait la science de la Mission prophétique, qui combattait l’oppression et l’injustice et défendait les opprimés.
Il aidait les pauvres et se montrait bon et affectueux envers eux. Hazrate Ali (Que le salut de Dieu soit sur lui), s’adonnait à l’agriculture et à la plantation des palmeraies. Il faisait prospérer les terres stériles et creusait des systèmes d’irrigation souterraine.
Quand le Prophète de Dieu rendit l’âme, un groupe d’hypocrites, « les Monafeghins », décidèrent d’éloigner Hazrate Ali du pouvoir, malgré ses grandes qualités et malgré les ordres formels du Prophète. Hazrate Ali fut écarté de la succession et des affaires, dans la plus grande injustice et le plus grand isolement.
Ils avancèrent comme prétexte qu’Ali était trop jeune pour prendre une telle responsabilité et qu’il avait tué beaucoup de gens pendant les guerres, ce qui lui valait la rancune d’une grande majorité qui n’accepterait pas de le voir succéder au Prophète.
Pendant les Califats d’Abou Bakr, d’Omar et d’Osmân qui durèrent vingt cinq ans, Hazrate Ali (Que le salut de Dieu soit sur lui) préféra se retirer pour former ses disciples.
Après l’assassinat d’Osmân, les musulmans lui firent serment d’allégeance et il gouverna pendant quatre ans et neuf mois. A l’âge de soixante trois ans, à l’aube du dix neuvième jour du mois de Ramadan, Hazrate Ali reçut un coup d’épée mortel d’Ibn Moljam et dans la vingt et unième nuit de ce même mois, il rendit l’âme. L’Imam Ali (Que le salut de Dieu soit sur lui) est enterré à Najaf.
Hazrate Ali et le trésor public: Le responsable du trésor public raconta qu’un jour, une des filles de l’Imam Ali (Que le salut de Dieu soit sur lui) vint lui emprunter un collier de perles fines qui appartenait au trésor public. Elle me dit qu’elle voulait ce collier pour trois jours, pour une fête, et qu’elle me dédommagerait au cas où elle le perdrait. Hazrate Ali (Que le salut de Dieu soit sur lui) reconnut le collier, au cou de sa fille et m’accusa d’avoir touché, sans en avoir le droit, au trésor public.
J’ai essayé de lui expliquer que sa fille s’était portée garante ainsi que moi–même, mais il m’ordonna de le récupérer sur–le–champ et me menaça de me punir si je me rendais coupable d’une telle erreur, dans l’avenir. Sa fille lui demanda pourquoi elle n’avait pas le droit d’emprunter ce collier seulement pour trois jours et à l’occasion de cette fête, il lui répondit: « Ma fille, n’outrepasse jamais tes droits! Est–ce que toutes les musulmanes portent un tel collier pendant les fêtes? »

La bonté d’Hazrate Ali
Un jour, Hazrate Ali croisa une pauvre femme qui portait une cruche d’eau, il lui dit: « Donne–moi cette cruche, permets–moi de t’aider ». Sur le trajet qui conduisait à sa demeure, il lui posa quelques questions sur sa situation.
La femme répondit que son mari était décédé lors d’une mission aux frontières, sur l’ordre d’Ali Ibn Abi Tâleb. Elle raconta qu’elle avait des orphelins à sa charge, qu’ils n’avaient ni vêtements, ni de quoi manger, et qu’elle était obligée de travailler comme servante, pour subvenir à leurs besoins.
Hazrate Ali (Que le salut de Dieu soit sur lui) porta la cruche jusqu’au seuil de sa maison et retourna chez lui. Il passa une nuit agitée et le lendemain se rendit chez la veuve avec de la nourriture. « Ouvrez la porte, je vous ai apporté à manger ».
La femme dit: « Que dieu soit satisfait de toi et juge entre Ali et moi »! Hazrate Ali (Que le salut de Dieu soit sur lui), entra et dit à la mère: « Si tu veux, donne–leur à manger, je vais cuire le pain ou bien prépare la pâte et je leur donnerai à manger ».
La veuve répondit: « Je préfère faire le pain, occupez–vous des enfants ». Hazrate Ali (Que le salut de Dieu soit sur lui), se mit à divertir les enfants et tout en les caressant, préparait aussi la viande qu’il avait apportée. Quand la viande et le pain furent prêts, Ali prépara lui–même des bouchées de viande et de dattes qu’il mettait dans la bouche des enfants.
Avec bonté et affection, il leur tendait ces bouchées en disant: « Mangez, mes chers enfants et soyez contents d’Ali ».
Une des voisines reconnut l’Imam Ali et dit à la veuve: « Cette personne est Ali, l’Emir des croyants! ».
La veuve, toute confuse, s’adressa à Ali: « ô, Emir des croyants, je suis désolée, j’ai honte de ce que je vous ai dit hier ».
Ali lui répondit: « C’est moi, au contraire, qui regrette d’avoir ignoré votre sort jusqu’à présent »